Le 11 mars 2008, la Commission Européenne autorise la concentration entre Google et DoubleClick malgré l’avis contraire du Bureau Européen des Unions des Consommateurs (BEUC) qui craignait des conséquences néfastes sur la vie privée des utilisateurs du moteur de recherches.

Pour comprendre cette crainte, il faut analyser les deux entreprises concernées. Google, le moteur de recherche bien connu, propose un service de recherche gratuit mais financé par la publicité. Quant à DoubleClick, il  offre des technologies créées pour la gestion des annonces publicitaires et mesure l’audience enregistrée par les sites. Ces technologies permettent aux éditeurs et aux annonceurs de placer leurs annonces efficacement. En un mot, DoubleClick fait du cybermarketing. Par son rachat, Google s’offre l’accès aux technologies de DoubleClick.

Face à la levée de boucliers provoquée par l’annonce de l’opération, la Commission Européenne répond que cette décision a été prise uniquement en considérant les aspects relatifs au droit de la concurrence et non à la protection de la vie privée.

Cette décision n’ayant, selon la Commission, « aucune incidence sur les obligations  [de Google après la concentration]  […] concernant la protection des personnes et la protection de la vie privée dans le cadre du traitement des données à caractère personnel, de même que des dispositions d’exécution des États membres ».

 Quelques mois après cette déclaration, force est de constater que la Commission a sans doute surestimé la bonne volonté du géant informatique. En effet, est issu du rachat de DoubleClick, Google Analytics. Ce dernier n’est pas aussi respectueux de la vie privé des internautes que ce qu’aurait souhaité la Commission.

Google Analytics nous suit partout lors de nos déplacements sur la toile et en averti immédiatement Google. En outre, Google Analytics collecte l’ensemble des données de trafic. Le système est simple : à chaque recherche sur Google, Google Analytics capte notre adresse IP. L’adresse IP étant dynamique, il n’est pas possible de se baser sur celle-ci pour suivre l’internaute. Cependant, DoubleClick utilise un système de cookie rémanent qui permet de suivre les différentes adresses IP utilisées par un internaute et de faire le lien entre elles.

Ce système permet de connaître non seulement le contenant mais également le contenu des sites visités. Ces données sont collectées pour chaque internaute. Google connaît donc l’ensemble des faits et gestes des utilisateurs de son moteur de recherche et stocke cet historique. Il est donc possible pour lui de faire non seulement du tracking (de l’analyse du trafic) mais encore du profilage.

Que deviennent ces données à caractère personnelle une fois collectées? Nul  ne le sait et c’est bien cela qui pose question. Google est en tous les cas le premier destinataire de ces données.

Cependant, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, il est raisonnable d’émettre l’hypothèse selon laquelle certains gouvernements, dont, au premier chef, le gouvernement américain, pourraient être intéressés par ces données. Le système permettant non seulement de connaître un internaute jusque dans son intimité mais également de profiler, par exemple, pour rechercher des terroristes ou des partisans politiques de tel ou tel mouvement.

Il est important également de souligner que malgré ces faits, Google garde les mains propres puisqu’il n’envoie pas de cookie et que seul DoubleClick le fait. Il est également évident que l’opération de concentration lancée en mars dernier n’a pas, contrairement aux espoirs de la Commission épargné la vie privée des internautes, loin de là.

Big Brother veille plus que jamais sur nous.

Heureusement, une alternative existe : celle de se passer de Google et de lui préférer des moteurs de recherche certifiés respectueux de la vie privée tel qu’IXQUICK. Ce dernier ayant été reconnu comme tel par l’Autorité néerlandaise de Protection des Données, http://www.ixquick.com/fra/