Le portail Yahoo souhaite conserver ses fichiers journaux plus longtemps, afin « d’offrir aux consommateurs une expérience encore plus personnalisée tout en continuant à proposer des innovations en matière de transparence et de protection de la vie privée ». C’est ainsi qu’il présente l’allongement de la durée de rétention des données collectées de 3 à 18 mois.

C’est grâce aux données générées par les multiples requêtes des internautes que les moteurs de recherche disposent d’une connaissance approfondie de leurs utilisateurs et créent ainsi des profils d’internautes exploitables par les régies publicitaires. Microsoft efface les données personnelles au bout de 6 mois, conformément à un avis qui fut donnée par le Groupe de l’article 29 (instance regroupant l’ensemble des Cnil européennes). Pour sa part, Google anonymise les données au bout de 9 mois, mais n’efface les logs qu’au bout de 18 mois.

De son côté, la Cnil rappelle tout d’abord que le meilleur moyen pour faire disparaître ces traces est de contacter le webmaster du site où elles apparaissent. Elle a publié sur son site début avril, une fiche pratique dans laquelle sont recensés tous les conseils pour faire disparaitre du web les informations indexées par les moteurs de recherche. Le premier des conseils vise à demander au webmaster la suppression de données personnelles mises en ligne. Ses coordonnées se trouvent généralement dans les « Mentions Légales », à la rubrique « Contact » ou dans les Conditions d’Utilisation du site. Pour faciliter cette démarche, la Cnil propose un modèle de courrier dans lequel sont succinctement rappelées les obligations légales. Si ce courrier reste sans réponse au bout de deux mois, il suffit alors d’adresser à la Cnil une plainte en ligne. Techniquement, l’effacement de traces n’est pas une opération compliquée depuis que Google a mis à la disposition des webmestres une procédure de désindexation volontaire leur permettant de demander la suppression du lien et du cache des pages supprimées (« Centre pour les Webmasters » de Google (www.google.com), mots clés « Supprimer une page ou un site des résultats de recherche Google ».

Or, ce que propose Yahoo va à l’encontre du « droit à l’oubli ». Au lieu de conserver les journaux de recherches brutes ou tout autre fichier journal pendant 90 jours, Yahoo va conserver ces journaux pendant 18 mois, soit 540 jours. Le moteur de recherche compte lancer dans les prochaines semaines, une campagne d’information à destination de ses utilisateurs, pour les informer de ce qu’elle considère comme une « avancée ». Or, une telle visée malmène en réalité le « droit à l’oubli ». Rappelons qu’un projet de loi est en cours visant à mieux garantir « le droit à la vie privée à l’heure du numérique ». Ce texte prévoit de modifier la loi Informatique et libertés et de créer un droit à l’oubli numérique. Il prévoit l’obligation de fournir aux internautes une information claire, accessible et spécifique sur la durée de conservation de leurs données personnelles et l’exercice plus facile du droit à la suppression des données.